À plus court terme, Staline fournit aussi à la population des boucs émissaires aux difficultés du quotidien, en rejetant tout le mal sur une pléthore de « saboteurs ». Par exemple, le 5 juillet 1937, le Politburo ordonne au NKVD d'interner toutes les épouses de « traîtres » en camp pour 5 à 8 ans, et de placer leurs enfants de moins de 15 ans « sous protection de l’État ». Il s'évade en mars 1909[24][Information douteuse]. L'absence de Staline aux funérailles de sa mère pourrait donc indiquer qu'il considérait sa présence à Moscou comme absolument nécessaire et donc, contrairement à ce qui est généralement admis, que le risque d'un coup d'État militaire était réel ou à tout le moins que Staline le croyait tel[réf. Cet état n’arrangeait pas son moral et inquiétait sa « Tatochka », tout comme sa tendance à garder des vêtements d’été en hiver[9]. Abonnez-vous. nécessaire]. Il entretient plus largement une atmosphère de suspicion généralisée qui brise les solidarités amicales, familiales ou professionnelles[46]. Surnommée le « Sac de pierre », l'école a sinistre réputation[12]. Il transforme rapidement cette fonction, à l’origine administrative, en fonction la plus importante du pays. Pleurerez-vous au récit de la mort de Staline comme des millions de ses contemporains? », « des décisions sur toutes les questions possibles et imaginables soulevées au Politburo. La famille même de Staline n'est pas épargnée par la Terreur, avec la disparition et l'exécution de ses proches parents Maria Svanidze, Pavel Allilouiev, Stanislas Redens[9]…. Il fait en sorte que la Pravda et les Izvestia révèlent la tromperie du complot des « blouses blanches » tout en soulignant les tortures subies par les médecins injustement accusés. C'est aussi la nature totalitaire du gouvernement qui lui permet d'imposer une stratégie d'offensive à tout prix et d'attaque frontale de l'ennemi, très coûteuse en hommes, où les pertes humaines se dénombrent par millions : ce type de stratégie n’a plus cours en Occident depuis la fin de la Grande Guerre. De même, les prisonniers et leurs familles sont officiellement reniés et considérés comme des traîtres, tandis que des généraux et officiers de tout rang sont fusillés dès les premiers jours, boucs émissaires des erreurs du chef suprême qui avait déjà gravement purgé les chefs de son armée à la fin des années 1930[56]. Il pratique aussi bien des déplacements de population massifs, dont la déportation intégrale d'une quinzaine de minorités nationales, que la sédentarisation forcée non moins désastreuse de nomades d'Asie centrale. La politique selon Joseph Staline : Fin successeur de Lénine, Staline fut élu et pris le pouvoir en 1924. Il s'élève dans les rangs de l'armée de l'air soviétique où son père l'a poussé à s'engager, bien que Vassili n'ait pas de réel intérêt pour les forces aériennes de l'Armée rouge[150]. Molotov soupçonna que la troïka Béria–Malenkov–Krouchtchev, ainsi que Boulganine, pouvait profiter de la disparition du dirigeant[71]. Hanté comme tous les bolcheviks par la possibilité d'une prochaine confrontation avec les pays capitalistes, il veut accélérer à tout prix la modernisation industrielle pour s'y préparer. Or Kirov était alors le plus populaire des dirigeants soviétiques et, élu avec le plus grand nombre de voix au Comité central, constituait dès lors une alternative potentielle au poste de secrétaire général occupé par Staline (le plus mal élu de tous les candidats). Outre que les purges sont stoppées, il prépare la libération de près de 50 p. 100 des déportés des goulags (printemps 1953). »[145]. En juin 1940, Staline annexe les États baltes, puis en août la Bessarabie roumaine, érigée en République socialiste soviétique de Moldavie. Après ses erreurs dramatiques de 1941, Staline a su faire progressivement un réel apprentissage militaire, et surtout accepter de laisser une plus grande autonomie à ses généraux : il ne se rend jamais en personne au front. Il veille à la vie de son entourage parfois jusqu’au moindre détail, cédant son appartement à son hôte Mikoïan parce qu’il lui plaisait ou couchant lui-même le fils de Beria[159], constituant ainsi « une noblesse de type féodal dont les privilèges dépend[ent] totalement de sa loyauté »[165]. Staline fait payer cet échec à Toukhatchevski durant les Grandes Purges[9]. souhaitée] ». Des « prix Staline » décernés depuis 1941 deviennent les équivalents soviétiques des prix Nobel. Jusqu'au seuil de leur exécution, des condamnés à mort protestaient de leur amour pour lui et de leur dévouement total à sa personne et au Parti, écrivant et déclarant qu'ils mourraient avec le nom de Staline sur les lèvres. Égocentrique, il pouvait également se montrer paranoïaque : pendant les obsèques de Nadia, alors qu’il était assommé de chagrin et reprochait à sa femme de l’avoir « abandonné comme un ennemi », il prit la peine d’affirmer qu’il ne se trouvait pas avec elle lors de son suicide, cherchant manifestement à se faire un alibi pour éviter toute accusation de lien direct avec sa mort[148]. Staline était un bourreau de travail — « Un vrai bolchevik ne devrait pas avoir de famille parce qu'il devrait se donner totalement au Parti. Stephen G. Wheatcroft, « Victims of Stalinism and the Soviet Secret Police: The Comparability and Reliability of the Archival Data. Malgré les faveurs que lui accorde le recteur du séminaire, il en est expulsé en mai 1899, officiellement pour absence à l'examen de lectures bibliques. De même, de très nombreux communistes, envoyés brusquement en prison ou au Goulag sans pouvoir comprendre ce qu'on pouvait bien leur reprocher, persistaient de toutes leurs forces à défendre Staline et faire appel à lui, croyant avoir en sa personne un recours. En 2020, la décision d'orner d'un portrait mosaïque de Staline un mur intérieur de la nouvelle « cathédrale principale des forces armées russes », dans le parc de loisirs Patriot, près de Moscou, soulève une polémique jusqu'au sein même de l'Église[107] : « Que Dieu nous garde de consacrer un temple orthodoxe avec l'image d'un scélérat et un pourfendeur de l'Église dont les mains sont couvertes de sang de saints », réagit Nikolaï Balachov, vice-président du Département des relations extérieures du patriarcat de Moscou[108]. Il s'y heurte déjà à Léon Trotski, chef suprême de l'Armée rouge[28], qui défend le « recyclage » de ces spécialistes que Staline exécute dès qu’il en a l’occasion. Partage; Te voilà une liste d’opinions sur successeur de staline. Hélène Carrère d'Encausse a qualifié la déstalinisation enclenchée en 1956 à la lecture du « rapport secret » de Khrouchtchev de « deuxième mort de Staline ». Staline dénonce une absence de réelle volonté des démocraties occidentales de combattre Hitler et signe, le 23 août 1939, le pacte germano-soviétique. Staline n'a quitté la Russie qu'exceptionnellement et ne connaissait que le géorgien et le russe, et encore ne parlait ce dernier qu’avec un fort accent géorgien[9]. Il veille également jalousement à la santé des autres dirigeants, les forçant à prendre les eaux et à se reposer[180]. Pareillement, Staline considère que les minorités nationales frontalières sont par définition suspectes : aussi ordonne-t-il la déportation de centaines de milliers de Polonais et de Baltes, ou le transfert en Asie centrale de 170 000 Coréens. C’est lors de son retour à Moscou qu’il épouse Nadia[9]. Son temps s'écoule entre son bureau et sa datcha de Kountsevo, près de la capitale, avec l'été des vacances à Sotchi, au bord de la mer Noire. Cependant, son pouvoir absolu reste intact et même renforcé : chef du gouvernement depuis mai 1941, Staline se fait nommer commissaire à la Défense en août, « commandant en chef suprême » en juillet 1942, maréchal en 1943, généralissime en 1945. Sept volumes sont parus en 1953 (Paris, éditions sociales). En octobre 1916, l'armée rassemble tous les déportés de la région à Monastyrskoé. Staline respecte scrupuleusement les conditions du pacte germano-soviétique. L’URSS de Staline peut donc être considérée comme un État totalitaire. [184] ». Sa bibliothèque comportait 20 000 volumes dont beaucoup soigneusement annotés et fichés. En apparence terne et peu porté aux discours théoriques brillants, c'est un intrigant qui tient durant des années le rôle du modéré, et laisse aux divers groupes le soin de s'invectiver et de se discréditer les uns les autres, tout en tissant sa toile. Mais dans la lignée de la biographie pionnière et toujours utilisable de Boris Souvarine[91], les historiens soulignent qu'il a laissé à Staline la dictature du parti-guide infaillible, le centralisme démocratique interdisant les tendances, le culte du secret, l'apologie de la violence « nécessaire » et de l'absence de scrupules moraux au nom de la révolution, ainsi qu'un État policier déjà tout-puissant ayant liquidé toutes les oppositions et employant un certain nombre de pratiques perfectionnées ultérieurement par Staline (responsabilité collective des familles, stigmatisation-discrimination collective de groupes sociaux, procès truqués, censure, persécutions religieuses, massacres, premiers camps de travail, etc.). « Staline est trop brutal, et ce défaut parfaitement tolérable dans notre milieu et dans les relations entre nous, communistes, ne l’est pas dans les fonctions de secrétaire général. En quelques années, le pays change radicalement d'aspect et se couvre de grands travaux en partie réalisés par la main-d'œuvre servile du Goulag : métro de Moscou, villes nouvelles, canaux, barrages, énormes usines… Mais le prix est tout autant démesuré : gouffre financier, inflation, gaspillages, travaux bâclés à l'origine du « mal-développement » dont l'URSS périra en 1991. Il dirige l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) à partir de la fin des années 1920 jusqu'à sa mort en établissant un régime de dictature personnelle absolue[3]. sont elles-mêmes frappées par les purges. Staline vit en décalage temporel : dans les années 1930, il ne se levait que vers onze heures et déjeunait autour de 15-16 heures, avec la famille étendue et des membres du Politburo, le tout avec « un sens de l’hospitalité recherché, à la manière orientale »[173]. »[170]. La seconde femme de Staline, Nadejda Alliloueva, meurt le 9 novembre 1932. Il est également entretenu par des milieux ultra-nationalistes qui considèrent que le mérite essentiel de Staline a été de créer un État fort incarnant le destin de la nation russe. Pour Nikita Khrouchtchev en 1956, la dérive de Staline n'aurait commencé qu'en 1934, ce qui permettait de ne pas remettre en cause la collectivisation désastreuse ni les choix d'industrialisation forcenée, encore moins l'œuvre de Lénine. Ses loisirs sont ceux de monsieur Tout-le-monde. ], mais il en parle ultérieurement comme de l’une des périodes les plus heureuses de sa vie, faite de pêche, de chasse et d’expéditions sauvages[9]. portent le nom de Staline, qui refuse la proposition de renommer la capitale Moscou « Stalinodar ». Dévoré par la passion du pouvoir, il mène un train de vie spartiate et n'a jamais semblé intéressé par le luxe et l'argent que ce pouvoir absolu pouvait lui offrir : lui et Nadia étaient régulièrement à court d’argent[175]. À Winston Churchill, Staline dira que la collectivisation représenta pour lui une épreuve « pire que la guerre ». Juste parce qu’elle se sert des mêmes toilettes que Lénine…. Considérant que c'est sous les formes nationales de la lutte prolétarienne que l'on peut défendre avec succès les intérêts internationaux du prolétariat (« La théorie léniniste de la révolution est en même temps la théorie du développement de la révolution mondiale »[34]), ce qui en amène certains à estimer qu'il fut peu porté sur l'internationalisme, Staline désigne sa politique sous le nom de « marxisme-léninisme » et de « socialisme dans un seul pays ». Pendant les Grandes Purges, de nombreux Soviétiques, dans les villes surtout, étaient sincèrement convaincus que Staline ignorait ce qui se passait dans le pays et qu'on lui cachait la vérité. Cela permettait à Staline de conserver son influence : tout en affirmant à Molotov pouvoir répondre à « autant de question qu['il le] veut »[170], il se plaignait parfois également de ne pouvoir « des décisions sur toutes les questions possibles et imaginables soulevées au Politburo. Le couple a deux enfants : un fils, Vassili, et une fille, Svetlana Allilouieva. Il impose dès lors son rythme d'existence à ses proches collaborateurs, et de là à d'innombrables fonctionnaires de Moscou et d'URSS, à tous les échelons. Pour les autres significations, voir, Montée vers le pouvoir suprême (1917-1929), NEP, mort de Lénine et éviction de Trotski, Grandes Purges, refondation définitive du pouvoir de Staline, Bilan des assassinats de masse et déportations commis sous Staline, « garnement des rues […] d’une intelligence exceptionnelle », « traumatisé par la violence, l’insécurité et la méfiance, mais inspiré par les traditions locales de dogmatisme religieux, de vendetta et de brigandage romantique », « Je fus renvoyé pour propagande marxiste », « La mort résout tous les problèmes. Les parentés, mais aussi les différences tout aussi notables des deux dictateurs totalitaires, restent un sujet de discussion inépuisable, notamment depuis les travaux de Hannah Arendt (Les Origines du totalitarisme, 1951) et la double biographie pionnière d'Alan Bullock (Hitler et Staline : vies parallèles, Paris, Albin Michel, 1993). », « transformation radicale de son caractère […] tarissant en lui ses dernières sources de sensibilité, redoublant sa brutalité, sa jalousie et sa tendance à s’apitoyer sur lui-même », « son chouchou […] [j]e comprends maintenant que c’était un père très aimant », « Tout petit, cauteleux, peu sûr de lui, cruel, nocturne et d'une méfiance perpétuelle, Staline paraît tout droit sortir de la, « renommé pour son impénétrabilité de sphinx et sa modestie flegmatique », « sans doute à la suite d’un accident de voiture à cheval », « un homme différent suivant les moments », « inspecter et vérifier en cassant quelques gueules », « résout les problèmes alors que le Politburo se contente de gratter du papier ! Ayant battu l'opposition de gauche, il se retourne en 1928-1929 contre l'opposition de droite, qui avait notamment critiqué ses méthodes de réquisition de céréales pour lutter contre le manque de grain[9]. nécessaire] continuent leur progression vers le centre du Reich. Le « second stalinisme » se caractérise aussi par un retour encore plus affirmé au nationalisme et au chauvinisme, un renforcement de la russification et de la répression des minorités, une campagne antisémite contre le « cosmopolitisme »[63]. Ses propos provoquent l'ire des milieux patriotiques, conservateurs, communistes et nationalistes[103],[104],[105], ce qui conduit Zakharova à préciser qu'il ne s'agit en aucun cas pour elle de comparer de quelque manière que ce soit l'URSS de Staline et l'Allemagne nazie[102],[106]. En tout état de cause, Staline lui-même était militant bolchevique depuis trop longtemps pour qu'on puisse exonérer raisonnablement le Parti de toute responsabilité dans la formation de sa personnalité et de ses méthodes. La victoire militaire finale dans un conflit qui a mis l'URSS au bord du gouffre et dont la bataille de Stalingrad est un tournant majeur confère à Staline un prestige international retentissant et lui permet d'affirmer son emprise sur un empire s'étendant de la frontière occidentale de la RDA à l'océan Pacifique. Son vrai nom Joseph Vissarionovich Djougachvili qu'il changea en 1912 en prenant le pseudo de Jospeh Staline qui veut dire \"Homme d'acier\". Il avait le visage grêlé par une variole infantile, les deuxième et troisième orteils gauches palmés, et le bras gauche atrophié « sans doute à la suite d’un accident de voiture à cheval »[9]. Cet épisode peut dépasser le cadre de la simple anecdote ; en effet, l'absence d'un fils aux funérailles de sa mère constitue dans une famille géorgienne quelque chose d'absolument inconcevable . Tombe de Staline, un temps aux côtés de Lénine. Il est impossible de vivre avec toi ! Cette situation ne faisait qu’exacerber la jalousie maladive de sa seconde femme Nadia[9]. En fait, la théorie selon laquelle sa mort était liée à autre chose qu'une attaque causée par une maladie grave provient du Kremlinlui-même. Son plus proche collaborateur Gueorgui Malenkov, averti de la situation, téléphone à Beria seul habilité à autoriser un médecin à s'approcher de Staline (il soupçonnait ses médecins de vouloir le tuer) mais le chef de la police politique est introuvable[69]. Le point culminant de l'URSS reçoit le nom de « pic Staline ». Même en vacances à Sotchi, alors que Molotov ou Kaganovitch assument officiellement ses fonctions, les documents s'entassaient et le courrier lui arrivait quotidiennement par avion depuis Moscou[182]. Staline est très proche d’Aliocha, mais affiche rapidement son mépris pour Maria, qui se comporte comme une courtisane rivalisant avec les autres pour obtenir son attention[140]. Il crée en 1947 le Kominform, un rassemblement de partis communistes européens à l'image de l'Internationale et dirigée par le PCUS. Une fois la révolution terminée, il représente l'union caucasienne à la première conférence bolchévique à Tampere en Finlande. Le moindre général au front, le moindre directeur d'usine ou de kolkhoze, le moindre écrivain pouvait un jour entendre son téléphone sonner avec Staline en personne au bout du fil. (Maurice Thorez, Palmiro Togliatti, Georgi Dimitrov…). De très nombreux bolcheviks entrés au Parti dès l'adolescence, souvent bien avant la révolution, ont d’ailleurs servi la politique (et les crimes) de Staline sans état d'âme (Molotov, Kliment Vorochilov, Boudienny, Grigory Ordjonikidze, Kirov, Iagoda, Iejov, etc.). D’après un sondage réalisé en 2015, 45 % de la population justifiait alors les répressions staliniennes[79]. Prochaine parution : Sports, un enjeu géopolitique (en kiosque le jeudi 4 juillet). Dans le bloc de l'Est, la mort de Staline entraîne un soulèvement contre le régime à Berlin-Est et en RDA à partir du 16 juin, donnant l'espoir d'une réunification allemande rapide, mais le mouvement est sévèrement réprimé. Découvrez le parcours de son successeur, Staline .